Oleksandr Kostenko

KostenkoDate de l’arrestation : le 15 février 2015

Accusation :

Alinéa 1 de l’article 222 du Code pénale de la Fédération de Russie (Possession illégale et port d’armes à feu et de munitions)

Paragraphe « б », alinéa 2 de l’article 115 du Code pénale de la Fédération de Russie (« Coups et blessures prémédités, qui ont causés des troubles de la santé de courte durée, commis pour des raisons de haine ou inimitié idéologique »)

Condamné à 3 ans 11 mois d’emprisonnement

En décembre 2014 Kostenko, un ancien policier de Crimée et activiste d’Euromaidan, retourne de l’Ukraine continentale sur la péninsule annexée.  C’est à ce moment-là que Polienko, un ancien membre de l’unité spéciale criméenne du Ministère des Affaires intérieures de l’Ukraine “Berkout”, qui à cette époque avait déjà intégré les forces de l’ordre de la Crimée occupée, lance des poursuites contre Oleksandr. Il affirme que lors des confrontations dans le centre-ville de Kiev, où Polienko était chargé d’assurer le maintien de l’ordre public, Kostenko lui aurait jeté une pierre. Le 15 février 2015 Kostenko a été arrêté dans son hall d’immeuble à Simferopol. Il est connu que Andriy Tyshenin et Artour Shambazov ont participé à l’arrestation : des anciens membres du SBU (Service de sécurité d’Ukraine), qui ont trahi leur serment et ont intégré le service du FSB. Ils ont été reconnus par Kostenko, qui les connaissait déjà avant l’arrestation. En effet, d’après son avocat Kostenko a pris part au démantèlement d’un réseau de trafic d’êtres humains, trafic dans lequel Tyshenin et Shambazov ont eu un rôle actif. Il considère par conséquence qu’il s’agit ici, entre autres, d’une vengeance personnelle. Lors de son arrestation, le coude de Kostenko a été fracturé, ce qui a été attesté par les médecins.

Kostenko a en Crimée une femme et un enfant âgé d’un an et demi. La mère de Kostenko a déjà eu deux AVC, son père est porté disparu. Une procédure pénale a été engagée contre son frère Evgeniy, sur le motif d’un prétendu outrage au tribunal ( “il a porté atteinte à l’autorité du pouvoir judiciaire de la Fédération de Russie, à sa mission éducative, et a humilié le juge du tribunal du district de Kiev de la ville de Simféropol” lui ayant présumément montré “un geste à caractère offensant, plus précisément une main avec les doigts pliés et le majeur pointé, représentant l’organe génital masculin”). Oleksand Kostneko a été condamné pour avoir “pris part à des émeutes, visant à renverser l’ordre constitutionnel” et avoir “jeté une pierre sur un agent de police, sur motif d’inimitié idéologique  envers les agents des forces de l’intérieur” (paragraphe « б », alinéa 2 de l’article 115 du Code pénale de la Fédération de Russie). De plus, le canon d’un pistolet aurait été trouvé dans l’appartement de Kostenko pendant son arrestation. Cela a donné lieu à l’accusation de possession illégale et port d’armes à feu et de munitions (Alinéa 1  de l’article 222 du Code pénale de la Fédération de Russie).

Les preuves de l’innocence
  • Au moment du présumé crime commis par Kostenko, “la victime” Polienko, tout comme Kostenko lui-même étaient des citoyens ukrainiens. Ce crime, d’après les éléments de l’enquête a eu lieu sur le territoir Ukrainien, et n’a visiblement pas été dirigé contre les intérêts de la Fédération de Russie.
  • L’extrait concernant la composante d’arme trouvée indique que le canon du pistolet a été trouvé le 5 février 2015. Néanmoins, dans le compte-rendu de perquisition ces évènements sont indiqués à la date 6 février, dans le but de confirmer la version falsifiée de l’arrestation de Kostenko précisément le 6 février.
  • Les témoins de la perquisition on déclaré lors du procès ne pas avoir assisté à la découverte du canon du pistolet, ce qui pourrait indiquer que celui-ci a été mis là par les agents de la police eux-même.
  • La plupart des preuves ont été obtenues en violation du  Code de procédure pénale. Notamment  la procédure requise pour la fouille du domicile de la famille de Kostenko n’a pas été suivie, et a été présentée comme une inspection des locaux.
  • Une pression a été exercée par les enquêteurs sur les témoins, d’après les informations reçues par l’avocat.
  • Lors du procès aucune preuve tangible, démontrant que Kostenko aurait un effet jeté un pierre sur des agents de la police n’a été présentée. La culpabilité d’Oleksandr est fondée uniquement sur la déclaration des témoins : des anciens membres du “Berkout” qui ont intégré les forces de “l’ordre” russe.
  • Lors du procès Kostenko est revenu sur sa déposition faire lors de l’enquête préliminaire, puisque celle-ci a été recueillie sous la torture.
Les tortures

Kostenko a été torturé par les agents Tyshenin et Chambazov du FSB russe de Crimée : un sac lui a été mis sur la tête, l’empêchant de respirer, ils lui ont pointé un pistolet non-chargé sur la tête et appuyé sur la détente, ils l’ont menacé de lui couper un doigt et de l’envoyer à ses proches, des coups ont été portés à la tête, il a également été torturé par l’électrocution ; ceci dans le but d’extorquer des aveux à Kostenko sur les crimes présumés commis lors de l’Euromaïdan à Kiev.

Le lendemain de son arrestation, Oleksandr a été forcé de boire 200 grammes de vodka, et a été par la suite emmené à l’administration du FSB, où un aveu de culpabilité a été mis en scène. Aucune enquête portant sur les actions des représentants des services spéciaux n’a eu lieu, cette requête ayant été refusée à la défense. L’avocat de Kostenko s’est également plaint de l’absence de soins médicaux adéquats pour son client : le coude de celui-ci, fracturé lors de l’arrestation ne s’est toujours pas rétabli.

Une pression est toujours exercée sur Kostenko après son arrestation et lors de son transfert à

Kirovo-Tchepetsk. En avril 2016 notamment il a été réprimandé et placé dans une cellule disciplinaire, prétendument pour avoir omis de saluer un employé administratif de la colonie.