Oleh Sentsov

SentsovDate de l’arrestation : le 10 mai 2014

Accusation :

aléa 1 de l’article 205.4 du Code pénale de la Fédération de Russie (création d’une organisation terroriste)

paragraphe « a », aléa 2 de l’article 205 du Code pénal de la Fédération de Russie (réalisation de deux actes terroristes)

aléa 1 de l’article 30 et paragraphe « a », aléa 2 de l’article 205 du Code pénal de la Fédération de Russie (préparation de deux actes terroristes)

aléa 3 de l’article 222 du Code pénal de la Fédération de Russie (trafic illégale d’armes et d’explosifs)

Condamné à 20 ans de colonie à régime strict

Réalisateur ukrainien, scénariste et écrivain. Activiste d’« AutoMaidan », Oleh Sentsov soutenait le mouvement pour l’unité de l’Ukraine en Crimée en février-mars 2014. Il a été arrêté le 10 mai 2014 au pied de son immeuble à Simferopol par des agents du FSB. Il a été jeté dans un bus, menotté aux poignets, un sac lui a été mis sur la tête et il a été emmené dans les locaux de SBU occupés déjà à cette époque par le FSB.

Le procès d’Olexandr Koltchenko et d’Oleh Sentsov a commencé le 21 juillet 2015 dans le tribunal militaire de la région du Caucase du Nord. Le jugement a été rendu un mois plus tard, le 25 août. Sentsov a obtenu la plus lourde peine parmi les quatre personnes incriminées dans cette affaire. Il a été accusé d’être l’organisateur du groupe « terroriste et de sabotage » issu du parti ukrainien « Pravy sektor ». Ce groupe aurait organisé l’incendie des bureaux de « La communauté russe de Crimée  » et des locaux du parti « Russie unie » à Simferopol et aurait été sur le point de préparer la destruction du monument local à Lénine et du mémorial « La Flamme éternelle ». Sentsov ne reconnait pas sa culpabilité et ne la reconnaîtra pas.

Koltchenko et Sentsov ont été forcés de prendre la nationalité russe. Les défenseurs russes des Droits de l’Homme constatent que cette coercition n’a pas de précédent. La coercition a eu lieu, même si les deux protagonistes ont déclaré se considérer comme des citoyens de l’ Ukraine et malgré le fait que les seuls documents qui certifient leur identité sont des passeports ukrainiens.

Le transfert de Sentsov et des trois autres accusés depuis la Crimée occupée vers la Fédération de Russie est également illégale et enfreint le droit international humanitaire.

De nombreuses institutions internationales ont appelé et continuent d’appeler la Russie à libérer Sentsov: le Parlement européen, les organisations de défense des droits de l’Homme, l’Académie du cinéma européen. Des représentants de l’élite cinématographiques du monde entier ont déjà adressé un message directement à Poutine, mais en vain. Le centre russe des droits de l’Homme « Memorial » a reconnu Sentsov et Koltchenko en tant que prisonniers politiques.

Depuis le 14 mai 2018, Oleh Sentsov est en grève de la faim pour exiger la libération de tout les prisonniers politiques détenus en Russie.

 Les preuves l’innocence
  • Tous les témoins de l’accusation ont été engagés : certains parmi eux avaient un casier judiciaire et par conséquent dépendaient des enquêteurs, d’autres ont décidé de coopérer volontairement avec le FSB, ou d’autres encore, soi-disant des « témoins secrets », auraient été des employés du FSB dans le passé.
  • La culpabilité de Sentsov se base uniquement sur les témoignages d’Oleksi Tchyrni et de Guénadi Afanasiev, obtenus sous la torture (Afanasiev a rétracté spontanément son témoignage lors du procès de Sentsov et Koltchenko).
  • Les déclarations des enquêteurs concernant l’existence d’un groupe terroriste de Crimée sont infondées.Aucun des accusés ni témoins ne pouvait dire quoi que ce soit au sujet de la composition du « groupe » ou de sa structure; aucun témoignage cohérent concernant sa taille. Certains accusés ne se connaissaient même pas, ainsi Koltchenko a déclaré n’avoir jamais connu auparavant Sentsov, et Sentsov a dit qu’il ne connaissait pas Koltchenko.
  • Au cours du procès , il est devenu évident que le FSB s’est servi de cet incendie dans l’objectif de créer un précédent de poursuite en justice des résistants ukrainiens qui s’opposaient à l’occupation de Crimée par l’armée russe et ainsi que de la création d’ une image des « terroristes » du parti ukrainien « Pravy Sektor ».Il apparaît notamment que les agents de FSB ont appris le 11 avril 2014 l’intention de Tchyrni d’incendier le 14 avril 2014 les bureaux de « La communauté russe de Crimée » et les futurs locaux de « Russie unie ». Mais rien n’a été fait pour prévenir le crime.
Les tortures

Un des avocats d’Oleh Sentsov a signalé en juin 2014 l’usage de la torture contre Sentsov.

Le 6 août 2015, au cours de son procès Sentsov a donné les détails au sujet de la torture qu’il a subie :

J’ai été frappé avec les mains, les pieds, des objets spéciaux, quand j’étais debout, couché, assis. Il était difficile de rester assis sur une chaise lorsqu’on me battait avec un batôn. On essayé de m’étouffer avec un sachet plastique sur la tête, on m’a menacé de me violer avec un bâton.

Cependant, en octobre 2014 le Comité d’enquête russe a refusé d’ouvrir une enquête criminelle sur la torture de Sentsov, et ce malgré le fait que les blessures sur le corps de Sentsov ont été constaté officiellement par un médecin. Le refus d’ouvrir une enquête judiciaire a été motivé par le fait que Sentsov soi-disant se passionnerait pour un « sadomasochisme et les blessures au dos lui ont été infligées par une partenaire peu avant son arrestation».