Oleksandr Koltchenko

Koltchenko

Oleksandr Koltchenko

Date de l’arrestation : le 16 mai 2014

Accusation:

Aléa 2 de l’article 205 du Code pénale de la Fédération de Russie (participation à une organisation terroriste)

Paragraphe « a », aléa 2, article 205 du Code pénal de la Fédération de Russie (réalisation d’un acte terroriste)

Condamné à 10 ans de colonie à régime strict

Anarchiste ukrainien, militant d’un mouvement antifasciste, activiste de gauche. En 2010 – 2013 – membre du syndicat indépendant « Action étudiante», dont l’une des missions était la défense du droit d’accès à l’éducation et du respect des droits des étudiants.

Il a protesté ouvertement contre l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014. Arrêté peu de temps après Oleksandr, partisan de gauche, a d’abord été accusé d’appartenir à  une organisation d’extrême droite servant d’épouvantail à la propagande russe. Mais des témoignages donnés sous la torture ont permis de l’accuser ensuite d’avoir organisé des actes terroristes ensemble avec Oleh Sentov, Guénadi Afanasiev et Oleksi Tchyrni. Le 25 août 2015, il a été condamné à 10 ans de colonie à régime strict au titre de l’alinéa 2 de l’article 205.4 («La participation à une organisation terroriste »), paragraphe « a » de l’alinéa 2 2 de l’article 205 du Code pénale de la Fédération de Russie (« L’acte terroriste commis par un groupe organisé »).

Lors du procès, il a déclaré avoir subi des tortures pendant l’enquête. Le centre russe des droits de l’Homme « Memorial » l’a reconnu comme un prisonnier politique. Le 9 avril 2015 Kolchenko a déposé une plainte auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme contre le fait qu’on lui a imposé la nationalité russe. Le 25 septembre 2015 le président de l’Ukraine Petro Poroshenko a décoré Oleksandr Koltchenko par un ordre du 1er degré « Pour Courage ».

Les preuves de l’innocence
  • Tous les témoins de l’accusation ont été engagés : certains parmi eux avaient un casier judiciaire et par conséquent dépendaient des enquêteurs, d’autres ont décidé de coopérer volontairement avec le FSB, ou d’autres encore, soi-disant des « témoins secrets », auraient été des employés du FSB dans le passé.
  • Les « preuves de culpabilité » de Koltchenko sont fondée uniquement sur les témoignages d’Oleksi Tchyrni et de Guénadi Afanasiev, obtenus sous la torture (Afanasiev a rétracté spontanément son témoignage lors du procès de Sentsov et Koltchenko).
  • Les déclarations des enquêteurs concernant l’existence d’un groupe terroriste de Crimée sont infondées. Aucun des accusés ni témoins ne pouvait dire quoi que ce soit au sujet de la composition du « groupe » ou de sa structure; aucun témoignage cohérent concernant sa taille. Certains accusés ne se connaissaient même pas, ainsi Koltchenko a déclaré n’avoir jamais connu auparavant Sentsov, et Sentsov a dit qu’il ne connaissait pas Koltchenko.
  • Au cours du procès , il est devenu évident que le FSB s’est servi de cet incendie dans l’objectif de créer un précédent de poursuite en justice des résistants ukrainiens qui s’opposaient à l’occupation de Crimée par l’armée russe et ainsi que de la création d’ une image des « terroristes » du parti ukrainien « Pravy Sektor ».Il apparaît notamment que les agents de FSB ont appris le 11 avril 2014 l’intention de Tchyrni d’incendier le 14 avril 2014 les bureaux de « La communauté russe de Crimée » et les futurs locaux de « Russie unie ». Mais rien n’a été fait pour prévenir le crime.
  • L’enquête a affirmé que Koltchenko serait un membre de « Pravy sektor ».C’est absurde étant donné qu’il a une sensibilité politique de gauche et partage les idées anarchistes. Olexandr a été membre de différentes communautés de gauche et a participé à leurs actions en Crimée.
Les tortures

Olexandr Koltchenko raconte avoir été victime de la torture:

Après mon arrestation, j’ai été frappé au visage et au corps. Les aveux que j’ai donnés au cours de l’enquête préliminaire, je ne les confirme pas. Un avocat commis d’office m’a mis dans la confusion concernant le contenu de mon acte d’accusation. Je n’ai pas porté plainte pour la violence car lorsque j’ai appris quelles tortures a subies Oleh [Sentsov], j’ai décidé que la pression sur moi était insignifiante et qu’il était indigne de s’en plaindre.

Koltchenko et Sentsov ont été forcés de prendre la nationalité russe. Les défenseurs russes des droits de l’Homme constatent que cette coercition n’a pas de précédent. La coercition a eu lieu, même si les deux protagonistes ont déclaré se considérer comme des citoyens de l’ Ukraine et malgré le fait que les seuls documents qui certifient leur identité sont des passeports ukrainiens.Sous prétexte que la Russie considère toutes les personnes habitants en Crimée comme ses propres citoyens, les consuls ukrainiens ne pouvaient pas rendre visite à Koltchenko et Sentsov pendant de longues mois.

Le transfert de Koltchenko et des trois autres accusés depuis la Crimée occupée vers la Fédération de Russie est également illégale et enfreint le droit international humanitaire.

Après la notification du jugement et le placement en détention dans une colonie, la pression sur Koltchenko continue. Plus précisément, immédiatement après son arrivée dans la colonie à Kopeïsk il a été placé pendant 15 jours dans un cachot sous prétexte de l’utilisation de l’argot et de la violation de l’uniforme.