Stanislav Klykh

KlykhDate de l’arrestation : le 11 août 2014

Accusation :

paragraphe 1 aléa 2 de l’article 209 du Code pénal de la Fédération de Russie (participation et gestion d’une bande organisée)

paragraphes “в”, “з”, “н” de l’article 102 du Code pénal de la République russe de l’URSS, qui est devenu caduc en 1996 (meurtre de plus de deux personnes dans le cadre de l’exercice de ses fonctions);

aléa 2 de l’article 15, paragraphes “в”, “з”, “н” de l’article 102 du Code pénal de la République russe de l’URSS (tentative de meurtre de plus deux personnes dans le cadre de l’exercice de ses fonctions)

Condamné à 20 ans de colonie à régime strict

Historien, journaliste de Kiev, postait des photos d’Euromaïdan sur les réseaux sociaux. Stanislav Klykh (né le 25 Janvier 1974) est diplômé de la faculté d’histoire de l’Université nationale de Taras Chevtchenko à Kiev. Il a rédigeait et publiait des articles scientifiques sur l’histoire, organisait de temps en temps des foires du livre. Avait des opinions politiques pro-russes.

Stanislav a été arrêté dans la ville russe Orel lors de son voyage privé chez une petite amie qu’il a rencontrée auparavant en Crimée. Les parents de Stanislav ont pris connaissance de l’incident grâce à un appel téléphonique d’un inconnu qui les a informés que leur fils a été mis en détention pour 15 jours « pour avoir désobéi à des agents de police». Les parents de Stanislav se sont mis immédiatement en route pour Orel pour voir leur fils en personne, mais ne l’ont pas retrouvé sur place, car il a été transporté à Iessentouki (District fédéral du Caucase du Nord). Le 24 août 2014, Stanislav a réussi à joindre par téléphone à 2h du matin sa mère Tamara, âgée de 71 ans. Il a confirmé être emprisonné à Iessentouki et a dit être accusé de crimes qui auraient été commis dans le milieu des années 1990. Le lendemain, elle a reçu un texto l’informant que son fils allait être transporté à Piatigorsk (région de Stavropol). Ce fut son dernier contact avec son fils, suivi par des longs mois de l’inconnu.

Les tentatives de trouver Stanislav Klykh restaient longtemps sans succès. A la demande de la mère de Stanislav et de la responsable des droits de l’Homme auprès de l’Assemblée nationale, l’ombudsman Ella Pamfilova a envoyé une requête d’information auprès du Service pénitentiaire fédéral et du ministère russe de l’intérieur, mais en vain. La demande identique de la Commission de surveillance publique de Moscou a donné lieu à la réponse suivante : « L’information est confidentiel. Impossible de répondre « .

Quand les tribunaux devaient étudier la question de prolongation de sa détention préventive, les intérêts de Stanislav ont été représentés dans tous ces tribunaux par les avocats commis d’office. Selon ses déclarations, ils signaient les documents sans lire et lui donnaient pas de protection juridique adéquate. Selon l’défenseure des droits de l’Homme russe Zoia Svetova, une preuve supplémentaire de la mauvaise foi des avocats commis d’office est le fait qu’une défense indépendante aurait soumis immédiatement la demande de fournir des preuves que S. Klykh étudiait à Kiev au cours de la période 1994-1995.Dans la pratique, à ce moment-là cela n’a pas été fait.

Afin d’obtenir des aveux de Stanislav et des preuves contre des hommes politiques ukrainiens, on lui a fait subir la torture cruelle qui a conduit à des conséquences graves de son état de santé psychologique.

Le 26 mai 2016 Stanislav Klykh a été condamné à 22,5 ans de colonie à régime strict pour avoir dirigé et participé à une bande criminelle organisée (aléa 1 de l’article 209 du Code pénal), avoir tué plus de deux personnes dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions « (paragraphes “в”, “з”, “н” de l’article 102 du Code pénale de la République russe de l’URSS) et pour une tentative de meurtre en bande organisée (aléa 2 de l’article 15, paragraphes “в”, “з”, “н” de l’article 102 du Code pénal de la République russe de l’URSS) dans le Caucase du Nord en 1994. Le 26 octobre, la Cour suprême a rejeté en appel la demande de libération de Klykh et Karpiouk.

Après la notation du jugement, il s’est révélé qu’une autre procédure judiciaire a été engagée contre Stanislav Klykh pour un outrage au magistrat (article 297 du Code pénal) pour avoir prétendument insulté un procureur. En novembre 2016, le tribunal de Grozny l’a déclaré coupable en vertu de cet article, en ajoutant un mois à déjà l’énorme peine de prisonnier politique.

Les preuves de l’innocence

1) Faux témoignages d’Oleksandr Malofeïev:

– Malofeïev est le seul témoin dans l’affaire, et ses paroles n’ont pas été confirmées par les archives;

– l’appartenance du témoin au parti UNA-UNSO, entre autres, a été argumentée par la présence des tatouages ​​sur son corps représentant des symboles du parti, qui, cependant, est une pratique inexistante parmi les autres membres du parti. La participation de Malofeïev aux activités d’UNA-UNSO n’a également pas été confirmée par les membres ukrainiens du parti;

– le témoin est vulnérable et peut être influencé par l’instruction, compte tenu du fait qu’il est malade (VIH, la tuberculose, l’hépatite B et C, la toxicomanie) et dépendant de la drogue;

– l’instruction de « l’affaire de Tchétchénie » a été ouverte en 1997, mais les témoignages contre Klykh apparaissent pour la première fois dans les déclarations de Malofeïev faites après l’arrestation de Stanislav Klykh;

– le fait que le témoin ait désigné A. Iatseniouk, D. Iaroch et O. Tiahnybok comme des participants des hostilités, confirme l’orientation politique de l’affaire et met en doute la validité des accusations.

2) d’autres facteurs :

– les faits évoqués dans le dossier de l’instruction sont contradictoires (par exemple, parmi les 140 Ukrainiens qui ont été transférés en Tchétchénie, 500 personnes ont participé aux combats) et contraires aux données historiques, contenues dans les archives consacrés aux événements de la guerre en Tchétchénie;

– le type d’arme qui aurait été utilisé par Klykh pour commettre des meurtres, ne correspond pas aux types de blessures des victimes décédées. L’endroit du meurtre de la plupart des victimes ne correspond pas à l’emplacement du crime spécifié dans le dossier;

– les accusations de banditisme ne sont confirmées par aucune preuves;

– le trafic d’armes et de munitions, ainsi que les tortures qu’aurait employées Klykh, évoqué dans le dossier d’instruction ne lui ont pas été incriminés pour des raisons inconnues;

– Klykh était étudiant de l’Université nationale de T. Chevtchenko à Kiev et en même temps il était censé commettre des crimes en Tchétchénie;

3) des méthodes illégales d’investigation :

– plus d’un an, les accusés se voyaient refuser le droit à un avocat indépendant, la protection consulaire et contact avec leurs proches;

– au cours de l’enquête M. Klykh a ​​subi de cruelles tortures.

Tortures

Selon la plainte de Klykh déposée auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme, il a subi des tortures suivantes : passages à tabac, suffocation, privation de sommeil, de nourriture et de l’eau, électrocution des organes génitaux et des membres du corps.

Au cours de sa détention provisoire Stanislav a perdu 15 kg en devenant dystrophique. De nombreuses cicatrices sur ses jambes sont dues au fait qu’il a été contraint de rester très longtemps debout sur ses genoux.Attachées avec des menottes aux barreaux, ses poignées des mains ont été foulées. Chaque fois avant le début de la torture on lui mettait un sac plastique sur la tête portait, enveloppé avec du ruban adhésif, et après les « procédures », des hommes inconnus masqués « appliquaient du iode sur les blessures sur les mains et les pieds, parce que dans certains endroits, la peau fut usée presque jusqu’à l’os. »