Brochure sur les otages ukrainiens: version 2019

Depuis 2014, le début de la guerre hybride lancée par la Russie à l’encontre de l’Ukraine, plusieurs dizaines de citoyens ukrainiens sont devenus prisonniers politiques ou prisonniers de guerre détenus sur le territoire de la Russie ou les territoires de l’Ukraine occupés par la Russie (la Crimée et une partie du Donbass). À la mi-mars 2019, on en dénombre au moins 174 civils et 37 militaires, dont 65 sont emprisonnés en Crimée occupée, 44 en Russie et 102 dans la partie occupée du Donbass.

Ce sont des personnes d’origines, de religions, de professions et d’opinions politiques différentes. Parmi les civils, il y a des défenseurs des droits de l’Homme, des journalistes, des agriculteurs, des mineurs, des hommes d’affaires, des artistes, des enseignants et des étudiants. La plupart d’entre eux prenaient une part active dans la vie sociale et politique et exprimaient ouvertement leur position, d’autres se sont juste retrouvés au mauvais endroit au mauvais moment.

Les poursuites engagées contre eux par le Comité d’enquête et le Service fédéral de sécurité (FSB) de la Russie ont assurément un caractère politique. Les affaires sont montées avec de fausses accusations, de faux témoins et sans véritablement de preuves. Les délits de droit commun incriminés aux citoyens ukrainiens sont jugés en utilisant la législation relative à l’extrémisme, le terrorisme et le séparatisme. L’objectif est de persécuter les dissidents, de maintenir le climat de la peur sur les territoires occupés de l’Ukraine, de mener des campagnes de propagande, de discréditer l’Ukraine et d’instaurer un rapport de force.

La détention de ces prisonniers, appelés « otages du Kremlin » par les militants des Droits de l’Homme, est caractérisée par une violation flagrante de leurs droits. Près d’un tiers des prisonniers, avec qui le contact a pu être établi après leur arrestation, ont été soumis à des tortures pour leur extorquer de faux aveux. Les otages malades ne reçoivent pas les soins appropriés et sont souvent des laissés-pour-compte. Des jours, voire des semaines, passent après le jour de l’arrestation sans que le prisonnier ne puisse parler à un avocat. Certains sont transférés vers les lieux de détention dans les régions isolées de la Russie, très loin de leurs familles. Souvent, les mêmes se voient naturalisés russes de force et refuser une aide consulaire ukrainienne.

Si les cas de violation des droits peuvent encore être répertoriés en Russie et en Crimée occupée, où les militants des Droits de l’Homme ont accès, tel n’est pas les cas sur les territoires occupés du Donbass. Les lieux de détention dans les républiques autoproclamées de Donetsk et de Louhansk n’ont pu être visités jusqu’à présent que quelques fois par les représentants de la mission spéciale d’observation (SMM) de l’OSCE.

Le présent document est organisé comme suit. La typologie des violations des Droits de l’Homme des otages du Kremlin est présentée en premier lieu. S’ensuivent les descriptions des affaires et les biographies de quelques prisonniers politiques ou de guerre impliqués dans ces affaires. Toutes les biographies peut être retrouvées sur le site ukraineaction.org ou sur les sites partenaires http://letmypeoplego.org.ua/uk/, facebook.com/MediaInitiativeForHumanRights/, crimeahrg.org/en/. La liste alphabétique de tous les otages ukrainiens du Kremlin connus à ce jour termine le document.

Pour télécharger la brochure vous pouvez suivre ce lien.

Prisoniers-WEB-md

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