Sauvez le patrimoine historique des Tatars de Crimée !

Aujourd’hui, le patrimoine le plus précieux du peuple des Tatars de Crimée se trouve menacé de destruction. Nous demandons une admission d’experts internationaux pour déterminer les dommages causés par les travaux hâtifs, et pour qu’une organisation des travaux de restauration sous les auspices de l’UNESCO soit mise en place. 

                                Appel adressé à Mme Audrey Azoulay,
                                   Directrice générale de l’UNESCO

pour protéger le patrimoine historique et culturel des Tatars de Crimée menacé de destruction

Le droit international humanitaire impose des obligations aux parties engagées en cas de conflit — notamment celui de préserver et de faire respecter les biens culturels. La protection et le respect du patrimoine culturel est l’un des conditions les plus importantes à mettre en oeuvre pour assurer le retour à la vie normale après la résolution pacifique du conflit russo-ukrainien. Pourtant aujourd’hui, le patrimoine le plus précieux du peuple des Tatars de Crimée – l’ensemble architectural du palais royal des Khans de Crimée à Bakhtchyssarai – se trouve menacé de destruction.

La construction du palais royal à Bakhtchyssarai a commencé au XVIe siècle. Les constructions les plus anciennes de cet ensemble, – la mosquée du Khan et les bains « Sarah-Guzel » – datent de 1532. Ce complexe historique et architectural est unique dans son genre car il est le seul témoin de l’architecture dite « des palais » des Tatars de Crimée dans le monde. Maintenant, ce monument risque réellement de perdre son authenticité historique.

En 2017, sans recherches scientifiques préalables, à savoir sans aucune étude de la technologie, de composition des matériaux, de fouilles archéologiques ou d’autres travaux obligatoires dans ce genre d’interventions, le projet de restauration du palais a été finalisé. De plus, aucun chercheur/se n’a pas été associé(e) au groupe de travail. En août-septembre 2017, une corporation sans aucune expérience préalable dans le domaine et qui ne détenait de licence que depuis 2014 pour les travaux de restauration, a été désignée en tant qu’entrepreneur général pour la mise en œuvre du projet. Les travaux de restauration ont démarré en octobre dans des conditions météorologiques défavorables, et ont continué pendant l’hiver dans les conditions totalement impropres. Dans le même temps, l’installation n’a pas été protégée de manière sûre contre les précipitations naturelles et les conséquences en sont déjà visibles à l’œil nu.

Dans ce processus de restauration non professionnelle, de nombreux éléments architecturaux authentiques du palais ont été démantelés, des vitraux et des peintures précieuses sur les murs ont été gâtés. Résultat : le renforcement de l’ancienne structure en béton a provoqué l’érosion et des fissures sur la façade du palais. La pluie inonde les locaux intérieurs de la mosquée du Khan, restée pratiquement en plein air. Les pierres tombales du cimetière des Khans sont endommagées. En conséquence, de nombreux éléments du palais du Khan, qui font partie des objets du patrimoine culturel, ont été endommagés ou complètement détruits.

En 2012, le palais du Khan à Bakhtchyssarai a été inclus dans le projet de présentation de l’Unesco. Il prétend au statut de patrimoine culturel mondial. En revanche, plus le projet de « restauration » avance, plus les dommages matériels et moraux affectent l’un des éléments les plus importants du patrimoine culturel du peuple tatar de Crimée.

Nous nous adressons à l’Unesco et demandons de faire tous les efforts possibles pour mettre fin à ces travaux de restauration hâtifs et dangereux. L’admission d’experts internationaux pour déterminer les dommages causés et l’organisation des travaux de restauration sous les auspices de l’UNESCO sont vitales pour la sauvegarde du monument.  

Cette pétition a été lancée en Ukraine par La Maison de Crimée. Il est possible de la signer sur le site change.org.

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